En 2000, le rêve des Stock Options
Dans les années 2000, pour faire rêver son banquier et ses salariés, il fallait savoir utiliser son anglais et l’associer à des Stocks Options, outil de motivation financière pour les collaborateurs, annonciateurs de bénéfices et croissances futures de l’entreprise.
Tout le monde avait l’œil sur la Silicone Valley, Palo Alto, California et les salariés, possédant des actions données futures ou achetées, devenus millionnaires de ces boîtes démarrées dans un garage (Apple, Microsoft, Yahoo, etc …), sont les Contes de Noël des financiers, costume cravate, allongés sur le canapé d’un psychanalyste, demandant au technicien de l’écoute, la levée des freins à la motivation.
Elle était même devenue un outil de communication financière et le chef d’agence bancaire, sollicité, prenait alors son courage financier à deux mains pour défendre, comme un chevalier, cette licorne (nom donné aux entreprises faisant plus d’un milliard de CA) qui s’annonçait.
La légende des mille salariés devenus millionnaires après l’IPO (introduction en Bourse) de Google en 2004 ou celle de Facebook en 2012 avait la peau dure.
Vingt ans plus tard, plus personne ne trouve le mot « Stock-Option » pour qualifier cette démarche de rémunération. Sans que le Petit Robert ne soit passé par là, on parle « d’attribution d’actions gratuites », d’actionnariat salarié, de PEE, moins corporate mais plus juridique.
La fin des stocks options « Mieux vaut tenir que courir«
Une fiscalité avantageuse mais une fiscalité quand même !
« Du coup », les salariés français ont moins rêvé au gain potentiel d’autant que la fiscalité (17,2% jusqu’à 300.000 €, 8% au-delà) de la plus-value de cession (*) les attend au coin du bois quand ils réalisent. Sans oublier de comprendre la notion de plus-value d’acquisition (*), taxée à l’impôt sur le revenu après un abattement de 50%. Une charge sociale cependant inférieure à celle d’un salaire, mais considérée comme excessive par un salarié français, pensant toujours qu’un patron ne doit rien payer. Sinon, pourquoi serait-il patron ?
Un nombre limité d’entreprises qui croissent de manière significative
De plus, les vingt ans passés faisaient d’ailleurs constater à tous que la croissance ne se trouve pas « sous les sabots d’un cheval » et les candidats nombreux à l’acquisition du trois mâts comme à la retraite pour la quarantaine en participant à une idée future géniale, se voyaient reprendre la mallette, le costume, sans oublier de l’ajuster suite à un embonpoint naissant, en comptant les trimestres qu’il lui restait à couvrir, pour obtenir ce repos éternel français. Ce dream « Bleu, blanc rouge », le Paradis des conquêtes sociales : à la soixantaine, la retraite et à la pêche !
Les 35 heures en deux ou trois jours
Bon nombre de salariés sont revenus de cette rémunération dans les start-up qui demandait une présence plus que continue, pouvant faire appeler son responsable « baby », le confondant à son aimée ou aimé, délaissée sur un canapé, et dont l’abonnement à Canal+, après minuit, lui permettait de maintenir sa libido dans son rôle de femelle ou de mâle.
William Commegrain Reconversion.info
- (*) plus-value d’attribution : elle est constituée de la différence entre la valeur de la société au moment où les actions vous sont données et la valeur que vous avez payé pour les obtenir. La différence est assujettie à l’impôt sur le revenu après un abattement de 50%
- (*) plus-value de cession : elle est constituée par la différence d’évolution entre la valeur de la société à l’instant T d’acquisition, et celle de la valeur au moment de votre cession définitive. Elle est soumise à la Flat Tax.
- (*) Nubank : banque brésilienne ayant permis de bancariser un grand nombre d’habitants qui n’avaient pas de compte. Secteur géographique : Brésil, Colombie, Mexique. 20 millions de comptes. Introduction NY 8 décembre 2021.